
Le lundi 9 mars 2026, une audience très suivie s’est tenue au Palais de justice de La Roche-sur-Yon.
Sur le banc des prévenus : le docteur Michel Procureur, ancien ORL de Fontenay-le-Comte, poursuivi pour escroquerie après avoir délivré 89 certificats vaccinaux jugés frauduleux durant la pandémie de COVID-19.
Mais au fil de l’audience, le procès a pris une tournure bien différente de celle d’une simple procédure pénale.
Le médecin a utilisé sa prise de parole pour transformer l’audience en tribune critique contre la politique vaccinale menée pendant la crise sanitaire.
Tribunal… ou tribune ?
Dès le début de l’audience, Michel Procureur a replacé l’affaire dans un contexte plus large : celui des décisions sanitaires prises durant la pandémie et de leurs conséquences sur la pratique médicale.
Selon lui, la crise du Covid a instauré une situation inédite dans laquelle les médecins ont été sommés de suivre une ligne unique, parfois au détriment de leur liberté d’appréciation et de leur relation avec leurs patients.
Dans cette logique, les certificats délivrés ne seraient pas, selon sa position, l’expression d’une fraude organisée mais un acte assumé face à une contrainte sanitaire qu’il jugeait excessive.
Au fil de l’audience, la défense du médecin a ainsi pris la forme d’un réquisitoire contre la stratégie vaccinale adoptée durant la pandémie.
300 soutiens devant le tribunal
À l’extérieur du palais de justice, la scène était inhabituelle pour une audience judiciaire locale.
Environ 300 personnes s’étaient rassemblées pour soutenir le médecin.
Dans une ambiance déterminée mais pacifique, plusieurs participants ont entonné le chant “Bella Ciao”, devenu au fil des années un symbole de résistance dans différents mouvements citoyens.
Ce rassemblement de soutien autour du tribunal n’aurait probablement pas atteint une telle ampleur sans l’organisation de Collectif Santé Mauges, notamment sous l’impulsion de Alain Boucher, qui a contribué à structurer la mobilisation.
Des prises de parole à la sortie de l’audience
À la sortie du procès, de nombreuses personnes se sont regroupées autour du Dr Michel Procureur.
Plusieurs soutiens ont alors pris la parole devant les personnes présentes. Parmi eux figurait notamment le médecin Louis Fouché, qui a proposé une analyse critique et argumentée de ce procès, ainsi que l’infirmière Élodie, venue également exprimer publiquement son soutien.
Cette dernière avait elle-même été condamnée dans une affaire distincte liée à la délivrance de faux certificats vaccinaux durant la pandémie, ce qui a donné à sa prise de parole une résonance particulière auprès des personnes présentes.
Ces interventions ont prolongé l’audience sur les marches du Palais de justice de La Roche-sur-Yon, transformant les abords du tribunal en un espace d’expression et de débat autour de la gestion de la crise Covid.
Une affaire révélatrice d’un débat toujours présent
Au-delà du cas individuel du médecin, cette audience reflète un débat qui continue de traverser la société française plusieurs années après la pandémie.
Entre autorité sanitaire, liberté individuelle et autonomie médicale, les tensions apparues durant la crise du Covid restent présentes dans une partie de l’opinion.
Le procès du Dr Michel Procureur apparaît ainsi, pour ses soutiens, comme le symbole d’une contestation plus large des politiques sanitaires mises en place pendant la pandémie.
Quelle que soit l’issue judiciaire du dossier, l’audience du 9 mars aura déjà eu un effet notable :
transformer un procès individuel en tribune publique sur la gestion sanitaire du Covid-19.
Délibéré attendu
À l’issue de l’audience, le tribunal a indiqué que la décision serait rendue le 11 mai 2026, date à laquelle le délibéré sera prononcé.
Le Dr Michel Procureur et ses soutiens devront donc attendre cette échéance pour connaître la décision de justice dans cette affaire.
Article : Association Reaction19.fr

